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    Contribution à la création d'une aire protégée à BABOR
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PAOPA

Programme d'Appuis aux Organisations Paysanes
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Projet Patrimoine

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Le massif des Babor se situe dans l’est algérien, il sépare les hautes plaines sétifienne de la Méditerranée jusqu’où il s’étend, et fait partie de la chaine montagneuse de l’Atlas Tellien, à l’extrême nord de la wilaya de Sétif, à une distance de 53 km du chef lieu de wilaya et à 15 km de la mer méditerranée (voir carte de situation). C’est dans ces montagnes, qui culminent à 2.004 m, qu’on trouve, à des altitudes variant entre 1.600 et 2.000 m, la forêt domaniale de Babor. Véritable sanctuaire de la biodiversité, cette forêt avait bénéficié en 1921 du statut de Parc National sur une superficie de 2 367 hectares, ramenés en 1931 à 1701 hectares. Statut qu’elle perdra en 1962.

A partir de 1984, la proposition de classement de la forêt domaniale de Babor a été plusieurs fois envisagée par l’administration forestière algérienne mais n’a jamais connu de suite. Une étude récente de classement de la Direction Générale des Forêts (DGF), intitulé « projet de classement de la forêt de Babor en réserve naturelle », propose la création d’une réserve naturelle constituée de 02 zones : la zone intégrale sur une superficie d’environ 1000 hectares et la zone périphérique sur une superficie d’environ 1367 hectares.

Le site revêt un caractère biogéographique remarquable en raison de son isolement et de l’existence d’un taux d’endémisme important dont plusieurs reliques glaciaires telles que le sapin de Numidie (Abies numidica) – le genre Abies n’existe en Afrique du Nord que dans les Babor où il est représenté par Abies numidica et dans le Rif marocain où il est représenté par Abies maroccana – l’autre espèce emblématique des Babor est la Sittelle kabyle (Sitta ledanti). La Sitelle de Kabylie, découverte par Ledant en 1976, est un oiseau rare ne comptant que quelques couples que l’on retrouve dans un autre site proche, la forêt de Guerrouch (réserve intégrale du parc national de Taza, Jijel).

La forêt des Babor compte par ailleurs 23 espèces végétales protégées par la loi, dont 8 sont endémiques telle que la Campanula baborensis considérée comme en danger par l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 94 espèces d’oiseaux dont 32 protégées parmi lesquelles une endémique au Babor (la sittelle kabyle) et 20 rapaces, 9 espèces d’insectes protégées par la loi dont 2 endémiques, 15 espèces de mammifères protégées par la loi (sur 47 inscrites à l’inventaire national) dont notamment le singe magot (Macaca Sylvanus), le lérot (Elyomys quercinus), la mangouste (Herpestes ichneumon) et la belette (Mustela numidica). Beaucoup d’espèces restent à identifier parmi les petits animaux qui sont nombreux et variés. On compte 10 reptiles et 88 invertébrés dont 77 insectes (Mordji 1987) parmi lesquelles 9 insectes sont protégés et 2 endémiques. Ce domaine regorge, d’une diversité de champignons rares, tels que le champignon dit Tricholomacalligatulm, qui est recensé en abondance

L’autre atout des Babor est son hydrologie. Les bassins versants qui le composent, approvisionnent et alimentent, en aval, en eau les barrages d’Ighil Emda de Kherrata (Bejaïa) et Erraguène (Jijel). Les sources de Oued Bared au débit impressionnant sont captées et alimentent la ville de Sétif.

La diversité biologique et la qualité des écosystèmes que nous retrouvons dans les Babor nous incite à penser que pour une protection efficace, la proposition de classement ne peut se limiter au seul 2367 hectares de la forêt domaniale de Babor, comme le propose l’étude de la DGF. L’aire protégée devra nécessairement englober des territoires limitrophes.

La création de cette aire protégée permettra de diminuer les multiples pressions humaines sur les ressources naturelles qui se sont accentuées ces dernières années et qui se manifestent par, notamment, le surpâturage, le défrichement et les coupes illicites de bois. La négligence humaine, l’absence d’une gestion de ces espaces et le réchauffement climatique ne sont pas également étrangers à la recrudescence des incendies de forêts qui depuis le début des années 2000, ravagent les forêts algériennes et de créer de nouvelles opportunités de développement durable pour les communes de Babor et Oued Bared.

Il nous semble urgent, aujourd’hui, en vue de faire aboutir une demande de classement et de création d’une aire protégée de lancer de nouvelles procédures et démarches qui prennent en compte les intérêts des populations locales et des autres parties prenantes, d’autant plus que la proposition ne devra pas se limiter à la seule forêt domaniale de Babor dont les terres (2367 has) font partie du domaine de l’État, mais s’étendre au delà, de façon à inclure un corridor écologique qui assure une jonction avec le Parc National de Taza, les terres de parcours qui cernent la forêt de Babor et un échantillon représentatif des exploitations familiales proches.

L’absence d’une intervention signifierait une accentuation de la dégradation de ces écosystèmes et à moyen terme la disparition des éléments les plus remarquables de la biodiversité des Babor.

 

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